mardi 25 septembre 2012

Pardonne-moi mon Dieu, si tu peux me pardonner, car j'ai tué!


                 « La richesse du cercueil, ne donne pas la valeur de celui qui est dedans »


            -… « Pardonne-moi, mon Dieu, si tu peux me pardonner, car j’ai tué !...».

           L’air était doux. La vie dansait dans cet air, habillé de soleil, et  où des myriades de petites choses, opuscules vivantes que nous respirons, menaient leurs sarabandes, leurs gravitations, les unes autour des autres.
            Je n’en finissais pas de déambuler, de monter, de descendre dans cette Rambla de Barcelone.
            Je cherchais la fatigue des jambes, car mon esprit cavalait, s’arrêtant aux milles petits riens qui foisonnent dans ce grouillement humain.
            Dans l’immédiat je ne m’en rendis pas compte.
            Puis je sentis comme une lourdeur, une fatigue que je trainais avec moi.
            Je fis un effort pour réaliser. Et effectivement je constatai qu’une petite main se tenait agrippée à la martingale de ma gabardine.
                       
                        -… « Julien …Julien … »
            Je reconnus la voix de Clara, que deux ans auparavant j’avais rencontrée « Plaza de la Universidad » son sac d’étudiante aux Beaux arts sur son dos.
            Des souvenirs, à peine récents, de ces étreintes fugaces, intenses ou chacun y puise suivant la force de ses fantasmes.

                        -… « Que veux-tu Clara ?... »
            Son visage portait la griffe de la drogue.
            Je savais que ce que je lui donnerais, servirait à assouvir son vice.

                        -… . « Julien … depuis deux jours je n’ai rien mangé »
            Je tirai 500 pésétas et les lui donnai.

                        -… « Ce n’est pas assez, tu le sais bien, la dose c’est Mille pésétas !... »
            Elle titubait, moitié de fatigue, moitié droguée.
            J’essayai de m’écarter d’elle et de m’enfuir.
            Mais elle s’agrippa à moi.
            D’un effort violent, je m’arrachai à son étreinte et je me mis à courir….
            Je la sentis courir, tout près de moi….
            La panique me saisit d’avoir contre moi, cette lape vivante, cette pieuvre qui ne me lâchait pas.
            Cela allait crescendo. Plus je courais vite, plus je la sentais près de moi.
            Je frôlais le désespoir. La tête me tourna. Je ne savais comment me défaire de cette sangsue humaine.

            Tout près, à vingt mètres, la circulation intense, d’un carrefour où les voitures circulaient en se croisant.
            Je me lançais là dedans, comme on se jetterait à l’eau pour fuir un incendie.
            Et toujours je la sentais me talonnant, prés de moi, contre moi !…..
            Ce fut un gymkhana humain, dans un vacarme de mécanique : pneus crissants sur l’asphalte suite à coups de freins impétueux, coups de klaxons, moteurs qui calent….injures qui fusent !...
            Mais je savais que dans cette folle course contre la mort, elle finirait par succomber.

            Soudain dans ma tête, un silence, énorme.
            Je me retournais épouvanter !
Tout était immobile

Dans ce décor figé, un bras émergea, lentement.
La paume de la main s’ouvrit dans ma direction.
Des doigts griffèrent le ciel.
L’image s’affaissa lentement.

Puis vint, une seconde, éternelle.

Je sentis un souffle, le souffle d’un ange qui passa prés de moi. Des lèvres frôlèrent mes lèvres. Je vis les yeux de Clara. Elle me sourit, puis « s’éthéra » .

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    -« Pardonne moi, mon Dieu, si tu peux me pardonner, car j’ai tué !.... Mais elle, garde la, dans ton Paradis ! Le Paradis, des drogués éperdus !.... »