vendredi 26 août 2011

C'est la faute au métro de Barcelone


Il aura fallu  ce jour là, que dans la matinée,  dans le métro de Barcelone, une jeune dame se lève pour m´offrir sa place, et dans l´apres-midi de cette même journée, qu´un jeune homme eut le même geste de déférence envers moi, pour que dans ma tête un remue ménage se produise.  Me rendant dans la chambre de l´hôtel où j´hébergeais,  je m´en fus dans  la  salle  de  bain et anxieux, je me plantais devant la glace.
                                    Et !….là !…. j´ai vue ?.... l´image de mon père !…..
                                            “ Faut-t-il avoir honte de son âge ?….”
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                Ma Vie ? :
Une immense toile d’araignée au milieu de laquelle je me trouve, Moi, minuscule araignée cherchant avec mes petites pattes à réunir les innombrables fils qui me parviennent de multiples horizons divers. Ce qui me fait dire que si mon père avait été chef de gare il y aurait eu beaucoup de chance pour que ma carrière ait été dans les chemins de fer.
Si mon père n’avait pas pu me donner une certaine sécurité sur mon lendemain, si je n’avais pas connu mon ami G. qui me présenta au docteur C. qui m’initia au secret de la fabrication de l’Agar-Agar. S’il n’y avait pas eu cette algue le G.  sur nos côtes permettant d’avoir un produit d’excellente qualité. Si je n’avais pas rencontré I. qui finança mon projet, et beaucoup d’autres SI, je n’aurais pas accompli une des missions de ce qui fut mon Destin.
Ce sont ces petits fils, tenus, venant d’horizons divers, convergeant vers le centre de ma toile d’araignée et dont mes petites pattes s’efforçaient de réunir les bouts pour en faire un ensemble cohérant, qui me font dire maintenant, que je n’ai été qu’un instrument.
Ceci n’est qu’un exemple d’un des épisodes de ma vie.  Et ceci doit ressembler comme un frère aux milliards d’individus qui peuplent notre Terre.
……………………………..
A l’instant où j’écris, levant la tête, je vois à travers ma fenêtre, sur le jardin d’en bas, une dizaine de tourterelles qui attendent la pitance que je leur livre tous les matins. Les deux poulettes avec leur coq sont là aussi. D’instinct elles lèvent dans ma direction leur tête interrogative. Plus loin, je vois un près couvert de petites marguerites et au milieu une vache broutant. …………………………….
Mon enfance courant pieds nus à travers les vignes de mon grand père à Cerbère.
La succession des deux collèges séminaires, où ma mère très pieuse voulut que j’apprenne. L’impression très fortes de ces hommes qui marquèrent par la suite, ma croyance et je pense, mon éthique de vie.
Puis la guerre, l’occupation, mon père arrêté par les allemands, ma petite sœur s’accrochant au bas de son pantalon pour ne pas qu’on l’amène. 
Les courses avec ma mère dans la campagne basque à la recherche d’un fromage à acheter et a ramener à la maison.
  -« Gaychua (mignon, gentil en basque) on dit que l’argent ne vaudra plus rien !.. »
Fromage dont nous avions mangé la moitié en arrivant chez nous.
                       -« Quand il y a la faim, il n’y a plus d’éthique ! »
                                       . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Je relève la tête, je regarde à travers ma fenêtre. Les tourterelles et mes poulettes, impatientes, sont parties.
La vache, seule est là, je la vois lever la tête, elle semble me regarder.  Sa tranquillité, sa passivité m’interpelle. Je devine plus que je ne vois le rythme tranquille, séculaire de sa mâchoire, ce va et vient broyant l’herbe. Ce geste immuable en suspend de sa vie.
………………………………….
La fin de la guerre. La paix revenue. Quatre ans de fermeture de la frontière après les quatre ans de guerre. Mon père, transitaire-agent en Douane, sans travail, vivant d’expédients 
pour nourrir sa famille, sa femme, mes deux sœurs et moi. 
Puis l’ouverture de la frontière franco espagnole, le travail qui revient.
La bicyclette de mon père pour aller à son lieu de travail, et que surtout « à ne pas toucher »
  L’abondance qui revient. ….« La Société de consommation » ! …. Et ses contestataires, avec ses manifs…  ses heurts… on protestait alors pour le trop plein pour vivre. Et maintenant on proteste parce qu’il n’y en a pas assez. Faudrait trouver le « juste milieu ».
…. ! Et moi cherchant toujours l’âme sœur, la compagne qui saura pardonner mes fautes et mes erreurs…. !
……………………………….
Je relève à nouveau la tête. La petite vache est toujours là. Elle aussi relève sa tête, je la vois secouer son coup agitant sa clochette. Voudrait-elle me dire quelque chose ?...
Dans le ciel d’un bleu intense, je vois un avion dans un lointain rêveur, tracer deux trainée d’une blancheur immaculée :
-« Les rails du tramway, pour les anges aller au ciel » , dirait le poète.
Dans un coin du ciel bleu, la lune pâlit sous le regard de feu du soleil.
A nouveau je regarde la petite vache. Vat-elle enfin me livrer son message ?
Elle a toujours son rythme lent des mâchoires broyant l’herbe parsemée de petites fleurs de marguerites. Le silence est total. Alors, je l’écoute :
« Ben tu vois, moi, petite vache tranquille, au milieu de ce prés, et au milieu des marguerites   Je fais quelque chose, qu’aucun de vos savants, ni prix Nobel des sciences arrivera à faire un jour dans sa vie : «  Avec de l’herbe, je fais : du lait ».-
Julien Julia

jeudi 25 août 2011

Le dernier baiser


L’homme allait mourir. Atteint d’un cancer généralisé, plus rien ne pouvait être fait pour éviter l’issue fatale, sinon l’injection d’une seringue de morphine destinée à lui adoucir ce transfert de la Vie vers la Mort. 

         La jeune infirmière s’approcha de lui en vue de cette opération finale.
        Elle tira le drap, découvrit la jambe du malade et commença à injecter la dose de morphine.
        Son regard suivait le regard du malade en quête d’une quelconque réaction.

        Penchée sur lui, sa blouse d’infirmière s’entrouvrit à la hauteur des yeux du malade. Sans le vouloir le regard de celui-ci plongea dans le corsage entrouvert, découvrant deux petits seins à peine soutenus par la dentelle du soutient gorge.
       Le regard du mourant se leva vers le regard de l’infirmière en une interrogation muette. Le regard de l’infirmière ne bougea pas.

      Alors, l’homme osa ce que jamais dans sa vie il n’avait osé. Levant sa main il la glissa doucement dans le corsage de l’infirmière, qui resta immobile
     Furtivement la main se saisit d’un des deux seins, le caressa, en tritura la chair molle.  Sous la subtile caresse le sein se durcit, le téton s’effila.
     Puis la main du malade s’immobilisa.
     Le regard de l’infirmière restait rivé sur les yeux de l’homme.
     Sur la pupille éteinte, un miroir apparut scintillant de mille teintes irréelles. Le visage de l’homme s’y dessina lentement, un visage fait de paix et de tranquillité. Un sourire s’esquissa sur les lèvres de l’image, qui remuèrent dans un « Merci » sans son. Cette image perdura un instant pour se transformer  en une étoile qui brilla d’une lueur venue de l’au-delà. Son intensité diminua peu à peu,  l’image s’amenuisa lentement, semblant prendre de la vitesse, pour disparaitre dans l’infini.
      Un moment s’écoula. L’infirmière dut faire un effort pour dés enliser son regard de  ce que seule  elle venait de vivre.
      Doucement elle  retira de son corsage, la main de l’homme qui venait de mourir. .
Elle en rabattit les doigts fermant la main en forme de poing. Sur la pomme elle y déposa un baiser.
      Elle prit les deux bras qu’elle croisa sur la poitrine du mort.
      Elle lui ferma les yeux.
     Elle se leva.
     Et elle s’en alla.

              Villa Concha – Août 2010-08-29
                                Julien Julia

Le vieux plongeur


Le vieux plongeur passa devant la porte. Il y vit  l’écusson qu’il forgeât durant son enfance et    
qu’il  mit au dessus.
    
      La porte était entrouverte, il osa la pousser.
     
     Un jeune plongeur était là, qui se préparait pour aller, dans la mer.
         
 - «  Dis petit, dit le vieux plongeur au jeune plongeur, qu’as-tu fait de mon club ?
          
       Entre, regarde, et juge par toi-même, répondit le jeune plongeur au vieux plongeur ».
     
     
Le vieux plongeur entra, regarda, et cela lui plut.
- « C’est bien petit, dit le vieux plongeur au jeune plongeur, tu as bien mérité de tes anciens »
     
Le vieux plongeur allait partir, quand le jeune plongeur lui dit :
  • «  Tu sais, tu peux rester ici, parce que ici, c’est aussi chez toi ! »
    Une larme coula sur la joue du vieux plongeur.
    Alors le vieux plongeur dit au jeune plongeur :
         - « Merci petit, tu m’as fait du bien »   

lundi 22 août 2011

Gouter le silence


L’appel venait de loin.....loin.....très loin !.....
C’était la copine, l’amie de toujours, qui m’appelait de là-bas, l’autre bout du monde.
Je reconnaissais sa voix tranquille, au timbre de fillette, que rien n’effraie !....
.- Tu vas bien ?...
.- Oui et toi ?...
Je me lançais dans mes explications, oiseuses, souvent inutiles…..un long moment….
Puis j’arrêtais mon discours…je n’avais pas le droit d’occuper tout seul le terrain. C’était  son tour à elle, mon silence lui offrit la parole. 
J’attendis quelques secondes… puis vint une minute….encore quelques secondes….mais le silence était là, entre nous deux.
Peut-être une coupure, élément classique, souvent, dans ces conversations lointaines en buttes aux aléas  du temps, des interférences entre les différents pourvoyeurs de nos communications téléphoniques.
.- « Eh Oh !.... Patricia ! Té là ?  ou alors, ça c’est coupé ? »
………………. ?
Le silence continuant, je me dis que la ligne s’était interrompue. Mais avant de quitter j’ai voulu attendre quelques secondes encore.
.-… « Je suis toujours là !… Julien !…. A t’écouter ! » …..
A nouveau j’entendis la voix tranquille de Patricia 
A mon tour j’établis le silence entre nous deux. Peu à peu je compris le pourquoi de ce silence qui en réalité n’en était pas un : la parole n’est pas comme un met que l’on ingurgite,  souvent elle réveille en nous des souvenirs, et là c’étaient des souvenirs d’antan, qui surgirent à mon tour dans ma mémoire….  Estartit !... Cerbère !...Ces nuits sans sommeil où la lune éclairait nos Rêves !.... 
Nous sommes restés là, un long moment….entre phrases courtes…..et silences évocateurs de nos souvenirs lointains qui surgissaient soudain au son de la voix de l’autre. Souvenirs que nous savourions à nouveau, nous en délectant, avant de les renvoyer dans la valise à souvenirs, dont ils s’étaient échappés. 
.- «… Un souvenir, souvent, se savoure d’avantage, que le moment qui l’a créé !... »-.
Merci Patricia
Julien Julia

La vérité


Quelques uns l’appellent : le Hasard. D’autres : Dieu, ou Allah, Jehova, l’Univers !...
Peu importe, ce qui importe, c’est ce qui l’intègre : Une justice par l’équilibre.
Et c’est une loi universelle, immuable : TOUT, à droit à son CONTRAIRE. Et partant de là :
Le NEANT, le RIEN, à droit à son : POSSIBLE.
Du POSSIBLE est né : l’UNIVERS, d’où est sortie notre TERRE, 
Qui a voulu : LA NUIT qui a eu son contraire le JOUR.
Est venue LE FEU, avec son contraire l’EAU.
Le FROID, avec son  contraire, le CHAUD.
Le BEAU, à droit au LAID
Le VRAIE à droit au FAUX
Le 0 a droit au Chiffre qui ne Finit Jamais !... 
Vint l’HOMME et son contraire LA FEMME, ce qui donna la VIE.
Dans la VIE il y eut le BONHEUR, avec en contre le MALHEUR.
La JOIE, avec LA TRISTESSE. 
Le BIEN avec son contraire : LE MAL.
Les BONS avec leur contraire, les MECHANTS.
LA VIE aura son contraire : LA MORT.
Il y a LE TEMPS avec sa pérennité, qui aura aussi son contraire, car : 
Il se transformera en :  
                                ........E T E R N I T E ! ...... 
        ALORS !
LA VERITE ! (ou Dieu, ou  le Hasard, ou Allah, ou Jéhovah, l’Univers…)…. avec son CIEL,
                                   Aura droit à son contraire :
LE DIABLE ! ( ou Satan…..) ……………………………………….avec son ENFER
                              Alors, tout rentrera dans l’ordre, parce que : 
                        les Bons iront au CIEL et les Méchants, en ENFER
   
                                         et, la VERITE…(ou Dieu, le Hasard, Allah,Jehova,l’Univers…)
       aura :…  «  Rendue Justice ! ». –
Julien Julia

De la tristesse à vivre seul


Je me lève, je prends ma serviette de toilette, toute chaude et douillette, qu’hier j’ai posée sur le radiateur de ma chambre et je descends à la salle de bains faire ma toilette.
              …… Je suis seul !……
Je bois mon café froid, que j’adore, et que j’ai préparé la veille.
            ………Je suis seul !.......
Je regarde le répondeur du téléphone, mais non, personne ne m’a appelé, décidément, et désespérément :
            ….. ….je suis seul !.........
Personne, pour me dire : Bonjour ! T’as bien dormi ? Tiens : un « bizou» qui te portera chance pour cette journée qui commence.
            ……….je suis seul !..........
  • DEUX JOURS APPRES-
Je me lève ce matin, je cherche en vain ma serviette, douillette, posée sur le radiateur et que je retrouverai plus tard dans les affaires à laver.
          ………..je ne suis plus seul !………
Je ne trouve plus, à sa place, ma brosse à dents. Je la cherche et je la trouve enfin dans une boite à la mention « intime ». Elle est là, au milieu de petits trucs, à la forme  d’ovules. 
          ……….je ne suis plus seul !……….
Le téléphone sonne. Je le cherche. Comme c’est un téléphone amovible et qu’il n’est pas à sa place, pendant que je le cherche il arrête de sonner. La communication est donc perdue. Je retrouve enfin le téléphone sous l’oreiller d’un lit.
         ………..je ne suis plus seul ! ………
D’habitude silencieux, le téléphone ne cesse de sonner. Religieusement je prends note des communications afin de les transmettre le plus fidèlement possible.
        ………. Je ne suis plus seul !............
Le mieux que je peux, je transmets  les messages, dont aucun ne m’était destiné.
Je me fais copieusement « engueuler» pour n’avoir pas pu trouver plus vite le téléphone lors du premier appel, et  donc ne pas savoir quel était l’appelant.
        ……….Je ne suis plus seul…………..
Je vais aux toilettes. Le moment venu. Impossible de trouver du papier toilette. Dans le boitier où d’habitude il se déroule, il ne reste que le rond en carton sur lequel il est enroulé. Merci quand même de ce peu qui m’est offert.
Oui décidément, je ne suis plus seul !....
Julien JULIA

jeudi 18 août 2011

Dieu et la Création




Le Septième jour, Dieu se reposa. Nous dit la Genèse.
Alors le temps s’écoula …s’écoula …
Puis,  un jour les Fleurs  interpelèrent Dieu et lui dirent :
      -« Pourquoi tu nous a créées ? Nous t’obéissons, nous parfumons l’atmosphère
           des meilleurs parfums que nous avons, mais il n’y a personne pour les apprécier !... »
Dieu réfléchit…. Et il créa, un Nez.
Puis, tous les arbres fruitiers se réunirent pour interpeller Dieu, et lui dirent :
    -« Pourquoi nous sommes ici ? Nos fruits sont murs, délicieux, mais il n’y a personne
     pour les prendre et en savourer la chair. »
Dieu réfléchit…..Puis  il créa deux bras et mains pour cueillir les fruits et une bouche
pour en savourer la chair. 
Puis vint le tour des oiseaux, qui dirent à Dieu :
   -« Nous chantons nos meilleures chansons, mais il n’y a personne pour les écouter »
Dieu réfléchit encore :…puis il créa deux oreilles.
Quelques temps après, ce furent les couchers du soleil, qui lui dirent :
    -« Mais il n’y a jamais personne pour admirer nos beaux coucher de soleil »
Une fois encore Dieu réfléchit…..et il créa deux yeux.
Enfin, ce furent les Montagnes qui interpellèrent Dieu :
   -« Nous avons les plus belles promenades du Monde, mais il n’y a personne pour les 
        parcourir »
Alors Dieu créa deux jambes.
Puis Dieu regarda tout ce qu’il venait de créer, et il se dit : « Pourquoi ne pas réunir tout cela ensemble ? »
……..ET IL CREA L’HOMME……
Dieu  regarda l’homme, et il se dit : « Dans quel merdier je me suis mis ! »
Et c’est alors que Dieu créa : le Paradis et L’Enfer -.
Julien Julia