Il aura fallu ce jour là, que dans la matinée, dans le métro de Barcelone, une jeune dame se lève pour m´offrir sa place, et dans l´apres-midi de cette même journée, qu´un jeune homme eut le même geste de déférence envers moi, pour que dans ma tête un remue ménage se produise. Me rendant dans la chambre de l´hôtel où j´hébergeais, je m´en fus dans la salle de bain et anxieux, je me plantais devant la glace.
Et !….là !…. j´ai vue ?.... l´image de mon père !…..
“ Faut-t-il avoir honte de son âge ?….”
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Ma Vie ? :
Une immense toile d’araignée au milieu de laquelle je me trouve, Moi, minuscule araignée cherchant avec mes petites pattes à réunir les innombrables fils qui me parviennent de multiples horizons divers. Ce qui me fait dire que si mon père avait été chef de gare il y aurait eu beaucoup de chance pour que ma carrière ait été dans les chemins de fer.
Si mon père n’avait pas pu me donner une certaine sécurité sur mon lendemain, si je n’avais pas connu mon ami G. qui me présenta au docteur C. qui m’initia au secret de la fabrication de l’Agar-Agar. S’il n’y avait pas eu cette algue le G. sur nos côtes permettant d’avoir un produit d’excellente qualité. Si je n’avais pas rencontré I. qui finança mon projet, et beaucoup d’autres SI, je n’aurais pas accompli une des missions de ce qui fut mon Destin.
Ce sont ces petits fils, tenus, venant d’horizons divers, convergeant vers le centre de ma toile d’araignée et dont mes petites pattes s’efforçaient de réunir les bouts pour en faire un ensemble cohérant, qui me font dire maintenant, que je n’ai été qu’un instrument.
Ceci n’est qu’un exemple d’un des épisodes de ma vie. Et ceci doit ressembler comme un frère aux milliards d’individus qui peuplent notre Terre.
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A l’instant où j’écris, levant la tête, je vois à travers ma fenêtre, sur le jardin d’en bas, une dizaine de tourterelles qui attendent la pitance que je leur livre tous les matins. Les deux poulettes avec leur coq sont là aussi. D’instinct elles lèvent dans ma direction leur tête interrogative. Plus loin, je vois un près couvert de petites marguerites et au milieu une vache broutant. …………………………….
Mon enfance courant pieds nus à travers les vignes de mon grand père à Cerbère.
La succession des deux collèges séminaires, où ma mère très pieuse voulut que j’apprenne. L’impression très fortes de ces hommes qui marquèrent par la suite, ma croyance et je pense, mon éthique de vie.
Puis la guerre, l’occupation, mon père arrêté par les allemands, ma petite sœur s’accrochant au bas de son pantalon pour ne pas qu’on l’amène.
Les courses avec ma mère dans la campagne basque à la recherche d’un fromage à acheter et a ramener à la maison.
-« Gaychua (mignon, gentil en basque) on dit que l’argent ne vaudra plus rien !.. »
Fromage dont nous avions mangé la moitié en arrivant chez nous.
-« Quand il y a la faim, il n’y a plus d’éthique ! »
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Je relève la tête, je regarde à travers ma fenêtre. Les tourterelles et mes poulettes, impatientes, sont parties.
La vache, seule est là, je la vois lever la tête, elle semble me regarder. Sa tranquillité, sa passivité m’interpelle. Je devine plus que je ne vois le rythme tranquille, séculaire de sa mâchoire, ce va et vient broyant l’herbe. Ce geste immuable en suspend de sa vie.
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La fin de la guerre. La paix revenue. Quatre ans de fermeture de la frontière après les quatre ans de guerre. Mon père, transitaire-agent en Douane, sans travail, vivant d’expédients
pour nourrir sa famille, sa femme, mes deux sœurs et moi.
Puis l’ouverture de la frontière franco espagnole, le travail qui revient.
La bicyclette de mon père pour aller à son lieu de travail, et que surtout « à ne pas toucher »
L’abondance qui revient. ….« La Société de consommation » ! …. Et ses contestataires, avec ses manifs… ses heurts… on protestait alors pour le trop plein pour vivre. Et maintenant on proteste parce qu’il n’y en a pas assez. Faudrait trouver le « juste milieu ».
…. ! Et moi cherchant toujours l’âme sœur, la compagne qui saura pardonner mes fautes et mes erreurs…. !
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Je relève à nouveau la tête. La petite vache est toujours là. Elle aussi relève sa tête, je la vois secouer son coup agitant sa clochette. Voudrait-elle me dire quelque chose ?...
Dans le ciel d’un bleu intense, je vois un avion dans un lointain rêveur, tracer deux trainée d’une blancheur immaculée :
-« Les rails du tramway, pour les anges aller au ciel » , dirait le poète.
Dans un coin du ciel bleu, la lune pâlit sous le regard de feu du soleil.
A nouveau je regarde la petite vache. Vat-elle enfin me livrer son message ?
Elle a toujours son rythme lent des mâchoires broyant l’herbe parsemée de petites fleurs de marguerites. Le silence est total. Alors, je l’écoute :
« Ben tu vois, moi, petite vache tranquille, au milieu de ce prés, et au milieu des marguerites Je fais quelque chose, qu’aucun de vos savants, ni prix Nobel des sciences arrivera à faire un jour dans sa vie : « Avec de l’herbe, je fais : du lait ».-
Julien Julia
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