L’homme allait mourir. Atteint d’un cancer généralisé, plus rien ne pouvait être fait pour éviter l’issue fatale, sinon l’injection d’une seringue de morphine destinée à lui adoucir ce transfert de la Vie vers la Mort.
La jeune infirmière s’approcha de lui en vue de cette opération finale.
Elle tira le drap, découvrit la jambe du malade et commença à injecter la dose de morphine.
Son regard suivait le regard du malade en quête d’une quelconque réaction.
Penchée sur lui, sa blouse d’infirmière s’entrouvrit à la hauteur des yeux du malade. Sans le vouloir le regard de celui-ci plongea dans le corsage entrouvert, découvrant deux petits seins à peine soutenus par la dentelle du soutient gorge.
Le regard du mourant se leva vers le regard de l’infirmière en une interrogation muette. Le regard de l’infirmière ne bougea pas.
Alors, l’homme osa ce que jamais dans sa vie il n’avait osé. Levant sa main il la glissa doucement dans le corsage de l’infirmière, qui resta immobile
Furtivement la main se saisit d’un des deux seins, le caressa, en tritura la chair molle. Sous la subtile caresse le sein se durcit, le téton s’effila.
Puis la main du malade s’immobilisa.
Le regard de l’infirmière restait rivé sur les yeux de l’homme.
Sur la pupille éteinte, un miroir apparut scintillant de mille teintes irréelles. Le visage de l’homme s’y dessina lentement, un visage fait de paix et de tranquillité. Un sourire s’esquissa sur les lèvres de l’image, qui remuèrent dans un « Merci » sans son. Cette image perdura un instant pour se transformer en une étoile qui brilla d’une lueur venue de l’au-delà. Son intensité diminua peu à peu, l’image s’amenuisa lentement, semblant prendre de la vitesse, pour disparaitre dans l’infini.
Un moment s’écoula. L’infirmière dut faire un effort pour dés enliser son regard de ce que seule elle venait de vivre.
Doucement elle retira de son corsage, la main de l’homme qui venait de mourir. .
Elle en rabattit les doigts fermant la main en forme de poing. Sur la pomme elle y déposa un baiser.
Elle prit les deux bras qu’elle croisa sur la poitrine du mort.
Elle lui ferma les yeux.
Elle se leva.
Et elle s’en alla.
Villa Concha – Août 2010-08-29
Julien Julia
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