dimanche 1 juillet 2012

Son Dernier Sourire


La larme de la mère
Coule sur la joue de Dieu (sourate)

                                             

            La femme était belle. Très belle même. Grande,élancée, tout dénotait chez elle le sens de l’exact dans le raffinement vestimentaire: ni trop ni trop peu, chose assez rare chez beaucoup de personnes se disant de la haute bourgeoisie.

            Bien sûr, dans le brouhaha de la cafétéria , dans un coin de laquelle j’étais attablé, son entrée passa inaperçue. Un garçonnet de quatre à cinq ans l’accompagnait, son enfant sûrement, un petit bout d’homme, mignon comme tout.  Un couple harmonieux, agréable à regarder et pour moi dans mon coin, à observer.

            Elle grimpa son gamin sur un des tabourets encore vide, face au comptoir. Elle prit une assiette sur une pile dans un coin au service des clients, la remplit de quelques « tapas » que le gamin lui montrait du doigt et une fois celui-ci installé face à son assiette de friandises, elle le laissa là et elle s’en fût aux toilettes.

            Je regardais, je n’avais rien d’autre à faire…

            Le temps passa!... Le gamin finit tout ce qu’il avait dans l’assiette, et comme il devait encore avoir faim, il ne se gêna pas pour prendre à même le comptoir toutes les petites gourmandises dont il avait encore envie. Puis comme sa mère tardait à revenir, perché sur le haut de son tabouret ne lui plaisant guère, il sauta de celui-ci et se mit à courir entre les gens pour dégourdir ses petites jambes.
            En effet le temps se faisait long et sa mère n’apparaissait toujours pas. Personnellement je me demandais qu’est ce qu’elle pouvait bien faire aux  toilettes. Je pense que j’étais le seul à me poser la question.

            Enfin, elle apparut!...

            Elle demanda à la serveuse ce qu’elle devait, paya, puis mère et enfant se dirigèrent vers la sortie.
            En sortant elle passa devant moi, me regarda. Je lui souris. Elle me sourit à son tour et tous deux s’en allèrent.

            - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -
           
            Il se faisait tard, je sortis à mon tour. Le tramway me laissa à la limite de la frontière et j’empruntai le pont de la Bidassoa. La nuit commençait à tomber, les choses devenaient des ombres.

            Le pont était désert, hormis deux silhouettes vers le milieu. Je reconnus la femme de la cafétéria, son enfant à coté d’elle.
            Elle était penchée sur la balustrade métallique et elle regardait  l’eau miroitant sous le clair de lune. Je passais derrière elle mais elle ne me vit pas.
            J’ai continué à marcher quelques instants, puis intrigué je me suis retourné.
           
            La femme n’était plus là, ni l’enfant.

            J’ai regardé par-dessus le parapet du pont vers l’eau de la rivière. Un grand cercle finissait ses ronds dans l’eau.
            A côté un petit cercle finissait ses petits ronds dans l’eau.

                         J’ai fait un signe de croix et je suis parti songeur !........
                       


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire